Cette proposition s’enracine dans le constat que je tire lorsque j’observe tous les "dérapages" qu’amènent certains de nos comportements. Au nombre de ce que je nomme par euphémisme dérapages, je compte les grands conflits internationaux, inter-ethniques ou inter-religieux, la détérioration continue de notre environnement naturel, la fracture sociale croissante entre les pays riches et les pays en développement mais aussi entre les personnes riches et les laissés-pour-compte chez nous, la prédominance qu’a prise dans notre société l’économie et sa course aux profits immédiats, les crises financières qui ne frappent pas que les gros détenteurs de capitaux… Et chacun aura compris combien tous ces facteurs sont causes/effets les uns des autres. Nous nous comportons comme si la famille humaine n’existait pas.
Selon moi, tout ceci s’enracine dans une même réalité : notre nature humaine est double. Elle possède un côté lumineux, fait d’aspirations au juste, au beau, qui nous fait chercher du sens à ce que nous faisons, un côté empreint d’idéaux cherchant à s’incarner, qui nous fait nous sentir heureux quand nous avons de bonnes relations avec ceux qui nous entourent… Et elle possède une face sombre, qui nous pousse à nous rétrécir sur nous-mêmes, sur nos besoins ou nos envies à nous, sans tenir compte des autres, en tout cas de ceux qui sont loin, une face d’ombre qui génère des peurs, entre autres des peurs du manque qui vont nous pousser à vouloir posséder toujours plus et consommer de manière effrénée, une face obscure qui va nous pousser à juger l’autre dans qui il est et ce qu’il fait. Il me semble que les comportements que nous adoptons lorsque nous sommes guidés par le côté ombre de notre nature humaine sont, en définitive, responsables de tous ces dérapages que j’évoquais plus haut. Je ne souhaite pas être simpliste mais mon expérience est que les choses perdent leur vernis de complexité lorsque l’on va explorer leur arrière-plan.
La bonne nouvelle, c’est que « ça se travaille ». Sans tomber dans l’angélisme, je crois, pour l’avoir expérimenté, qu’il est possible d’évoluer vers des comportements de mieux en mieux enracinés dans le côté lumineux de notre être. De plus en plus de personnes entament une démarche personnelle en ce sens. Ma proposition est que l’Union européenne aille dans le sens d’institutionnaliser cette opportunité.
Je ne m’étendrai pas ici sur les multiples possibilités d’enseigner aux femmes, aux hommes et surtout aux jeunes à être mieux avec eux-mêmes, à être mieux avec les autres, à être mieux avec le monde. Certaines écoles avant-gardistes ont déjà intégré ce type d’enseignement dans leur approche. Et il reste encore à inventer…
On ne nous apprend pas la seule chose vraiment importante : l’apprentissage de la vie. Changeons cela.