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Bonjour,
Pour abonder dans le sens de l’article :
Légiférer les médecines alternatives
par Johan WALTER, France
http://www.consultations-europeennes-des-citoyens.eu/fr/proposal/2273
Comme beaucoup de thèmes abordés sur ce site, le thème des médecines dites "alternatives" peut s’avérer très vaste. Et selon notre conscience, notre vision, nos valeurs, le sens que nous donnons à notre quotidien, à notre vie... ces thèmes peuvent toucher et nous amener à (re)considérer les préceptes, l'organisation, ou encore le but de notre société.
Dans notre société de droit, il est en effet important de légiférer. C’est-à-dire de définir d’une part, qui a le droit de faire quoi et comment, dans quelles limites, et d’autre part, les peines encourues en cas de manquement à la loi.
Deux aspects m’apparaissent intéressants et me posent question au sujet de la légalisation des « médecines alternatives ».
L’aspect « alternatif » : ce terme a au moins deux sens. Passer d’une chose à l’autre plus ou moins régulièrement, ou, passer à autre chose tout court. Parlons-nous d’une pratique de la santé où l’approche « scientifique » et l’approche « alternative » seraient complémentaires ou antagonistes ? (Des éléments de réponse dans « La solution intérieure » de Thierry Janssen ?) Comment légiférer les pratiques de soin qui ne se démontrent pas (pas encore) scientifiquement ?
L’aspect « législation » : protège-t-elle de l’incompétence, des abus en tout genre ? L’obtention d’un diplôme ou une accréditation garantie-t-elle la compétence, le résultat ? Une personne en demande de soin est facilement influençable, elle est souvent prête à s’en remettre au praticien, une des conditions qui favorise l’abus. Comment la législation peut-elle prévenir une personne en détresse ? Une face cachée de l’abus vient aussi de certains organismes qui peuvent exercer une influence tout aussi douteuse sur les praticiens. Voir très récemment, l’assignation en référé des 18 kinés toulousains qui ne se sont pas inscrits à leur Conseil de l’ordre, faut-il comparaître pour faire entendre ses choix de pratique ? Et que dire des fameux « bonus » que certains labos offrent à certains praticiens pour leurs prescriptions avisées. Quels sont les moyens réels d’application de la loi dans un dédale d’intérêts de plus en plus avides ? Dans ce sens, certaines lois ne viseraient-elles pas elles-mêmes un meilleur contrôle des flux financiers générés par le marché des pratiques de santé non conventionnelles ?
Pour avancer sur le débat et vers une législation juste et efficace, je pense qu’il est encore plus important de garder à l’esprit l’essentiel du thème. S’agirait-il de « prendre soin de l’être » ? (Voir les travaux de Jean-Yves Leloup sur le texte de Philon et les Thérapeutes d'Alexandrie.) Quels que soient les aspects considérés, législation, pratique, enseignement, recherche, etc, quels moyens les médecines « alternatives » (tout comme la médecine conventionnelle d’ailleurs) se donnent-elles pour rester dans l’axe qui consiste à prendre soin de la personne, de l’être, de son bien-être, de sa santé ?
Cordialement
Franck