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Je constate une tendance qui va s'accentuant :
- les jeunes qui étudient sont de plus en plus obligés de travailler pour payer leurs études; ils le font le soir, ou la nuit, souvent tard, et dorment en cours le matin.
- les étudiants ont un budget très serré , certains ne mangent qu'une seule fois par jour, faute d'argent.
- à l'université, "le déchet" d'une promotion peut aller jusqu'à 80 % d'échec en première année.
- pour ceux qui sont arrivés au bout de longues études, il leur est proposé des postes de caissière ou de poinçonneur des lilas.
- ou alors des "stages" ,réserve gratuite de main d'oeuvre...
- que dire des" concours", proposant 20 postes pour mille candidats ?
- pour le permis de conduire ,c'est le parcours du combattant : il n'y a pas de places, parce qu'il n'y a plus assez d'inspecteurs, et le délai d'attente est indéfini, ou au mieux, d'un an entre chaque passage à l'examen (Sud de la France).
J'assiste dans mon pays à la mise en oeuvre d'une pédagogie de l'échec, à la volonté d'en faire "tomber" un maximum, une sorte de parcours d'obstacles, où on" casse" du jeune à longueur de conseils de classes,et à force de sélection, et par absence d'aide financière conséquente pour la nourriture et le logement.Les pauvres ne peuvent financer des études à leurs enfants; les classes moyennes sont devenues pauvres; alors, les jeunes bossent : 8 heures de cours, 4 heures chez Mac Do, et deux heures de devoirs pour le lendemain.
Ces adultes qui trouvent cela normal, 14 heures par jour, ils ne le feraient pas...sans beurre dans leurs pâtes !
Si la sélection permet certes à mon pays d'avoir de grands chercheurs ,de grands médecins, des juristes qualifiés,etc... je vous demande en revanche si les 80% qui restent, ne mériteraient pas d'être appréciés,encouragés, valorisés dans un parcours épanouissant ; je constate que certaines intelligences s'étiolent à l'école pendant de longues années redondantes ou punitives,ou mal vécues, pour enfin respirer pleinement dans la vraie vie, celle qui prend sens pour eux, et où leur réussite est flagrante en entreprise.
Gâcher la jeunesse d'un pays, c'est porter atteinte à ses forces vives, c'est freiner l'élan d'une société, c'est grave, et c'est ce qui se passe.
Dans ce monde politique adulte si responsable, si fier de soi, pourrait-on aimer, respecter et aider la jeunesse ? Ce serait mieux que jeter des peaux de bananes sous leurs pieds.